Marché de Mahébourg : Pratimah, une vie entre la terre et les étals
Au marché de Mahébourg, les couleurs des légumes, les voix des marchands et le va-et-vient des habitués racontent une île Maurice bien loin des cartes postales. Ici, derrière chaque étal, il y a aussi une histoire. Celle de Pratimah parle de travail, de famille et de transmission.
Mariée à 19 ans, Pratimah entre dans une famille où la terre et le marché rythment déjà le quotidien. Son beau-père travaille au marché, son mari est agriculteur et sa belle-mère participe elle aussi à la vente. Après la naissance de ses deux enfants, Pratimah décide de se lancer à son tour.
Elle hésite d’abord, puis s’engage pleinement dans ce métier avec une conviction simple : aucun travail n’est à dévaloriser lorsqu’il permet d’avancer et de faire vivre sa famille. Des années d’efforts dont elle parle aujourd’hui avec fierté, notamment lorsqu’elle évoque ses deux enfants, qui ont poursuivi leurs études jusqu’à l’université.
Derrière son étal de tomates, haricots verts, citrouilles et légumes-feuilles, Pratimah a aussi vu évoluer le marché de Mahébourg. Les habitudes ont changé, particulièrement depuis la période du Covid-19, mais le marché reste pour elle un lieu essentiel de la vie locale.
Sa plus grande préoccupation concerne pourtant l’avenir. Pratimah aimerait voir davantage de jeunes s’intéresser à l’agriculture mauricienne, apprendre à cultiver la terre et écouter ceux qui en connaissent les gestes et les secrets.
Car que deviendront ces savoir-faire si personne ne les transmet ?
Cette rencontre nous rappelle que l’authenticité de l’île Maurice réside aussi dans ces parcours discrets, ces métiers essentiels et ces connaissances transmises au fil des générations.
À Mahébourg, Pratimah ne vend pas seulement les produits de la terre. À sa manière, elle contribue aussi à en préserver l’héritage.
